noesisphere

mardi 28 février 2006

La boite aux pans d'or

Il m’arrive parfois de ne plus regarder le ciel quand il est bleu. La tête tournée vers le bitume, j’avance dans les rues à petits pas rapides, comme pour fuir le monde environnant. Un éléphant pourrait bien croiser ma route que je ne le verrai pas. Je voudrai simplement pouvoir fermer les yeux, oublier ce décor infernal, et m’oublier moi aussi par la même occasion. Mais je poursuis ma route, agrippé à la bande de mon tapis roulant...

Bizarrement, à chaque fois, c’est à ce moment là que je me faufile hors de ma bulle pour aller m’observer d'un peu plus loin.
Ce petit homme feint la course de marche, les mains dans les poches et le dos légèrement courbé. A le voir, on dirait qu’il se désespère de retrouver quelque chose qu’il aurait perdu en chemin. D'un geste lourd, il sort une cigarette de son manteau, et il l'allume, sans s’arrêter. Comme s’il n’avait pas le temps. Comme s’il avait peur que quelqu'un lui demande quelquechose. Et il avance, tout seul.

Je connais cette solitude. Elle a l’amertume des tartes au citron sans meringue. Il manque quelque chose de léger pour faire passer l’acidité. Un nuage blanc, un blanc en neige. Quelque chose dans ce goût là. Un de ces ingrédients essentiels qui font papillonner les papilles et paupières.

J’ai longtemps cherché ce petit aromate, comme l’alchimiste cherche la formule de l’or. J’ai fouillé dans mes souvenirs, tamisé mon quotidien, creusé les cloisons qui me séparent des autres. Et dans cette quête de l'absolu, j’ai découvert des trésors insoupçonnables : des diamants dans les herbes hautes, des topazes aux sommets des volcans, et tant de fèves cachées dans la frangipane. Autant de portraits souriants de mes pairs et de leurs éclats de rire précieux venus se pendre à mon cou comme des bijoux, comme des bisous.
C'est ainsi qu'à ne plus vouloir regarder devant moi, je suis parvenu à soulever mes œillères. Les hauts pans de ma vie se sont ouverts, m'offant une vue panoramique en format cinéma sur tous les horizons dessinés par les autres. Et le tapis roulant s’est alors transformé en un tapis volant.

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mardi 14 février 2006

Nouvelle romance

Morceau choisi

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jeudi 2 février 2006

Redouter de douter

Le désespoir n'est pas vain...

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