vendredi 13 octobre 2006
La compensation des couleurs
Par Noesis, vendredi 13 octobre 2006 :: Pangee
En ce moment, j’ai la tête vide. Un sorte d’aquarium sans bulle et sans poisson qu’on lave pour changer l’eau. Pourtant l’activité ne manque pas. Je démantèle des projets sans intérêt, je sors nourrir ma cirrhose sous des néons rouges, et j’organise ma censure sociale à coups de pinceaux. Mais malheureusement, dans ce brouhaha destructeur, ma plume me boude.
Chaque fois que je me dis « bon, il faut que j’écrive », j’ai comme un pincement dans le bas du dos, mes boyaux se tordent, et une douleur migraineuse m’envahit les tympans. Comme si, à force de silence, mon plaisir d’écrire avait mué, pour devenir muet.
Je n’aurai jamais pensé que la reprise d’une activité professionnelle après deux mois d’écriture intense aurait pu voir ce désir, si hardant, bâillonné, ligoté sur une chaise roulante, et lâché en pente douce.
Mais il faut dire que depuis quelques temps, je ne pense plus en mots. Je pense en images. Et ce bien avant mes premiers cours de dessins que mes amis m’ont si généreusement offerts. Je vois des nuages, j’imagine des peintures. Je regarde une émission de télé, je croque un dessin. Je fais des courses, je reviens avec des tubes d’acrylique.
En fait, je n’en reviens pas. Je suis devenu complètement accro aux mélanges des couleurs, à la superposition des couches, et à la composition des plans. Et de fait, je compose sans compenser. Moi qui pensais que seuls les musiciens composent.
La mélodie des lettres a donc laissé la place à celle des formes. Mais je sens bien au fond de moi que cette ancienne maîtresse n’a pas encore dit son dernier mot…
Chaque fois que je me dis « bon, il faut que j’écrive », j’ai comme un pincement dans le bas du dos, mes boyaux se tordent, et une douleur migraineuse m’envahit les tympans. Comme si, à force de silence, mon plaisir d’écrire avait mué, pour devenir muet.
Je n’aurai jamais pensé que la reprise d’une activité professionnelle après deux mois d’écriture intense aurait pu voir ce désir, si hardant, bâillonné, ligoté sur une chaise roulante, et lâché en pente douce.
Mais il faut dire que depuis quelques temps, je ne pense plus en mots. Je pense en images. Et ce bien avant mes premiers cours de dessins que mes amis m’ont si généreusement offerts. Je vois des nuages, j’imagine des peintures. Je regarde une émission de télé, je croque un dessin. Je fais des courses, je reviens avec des tubes d’acrylique.
En fait, je n’en reviens pas. Je suis devenu complètement accro aux mélanges des couleurs, à la superposition des couches, et à la composition des plans. Et de fait, je compose sans compenser. Moi qui pensais que seuls les musiciens composent.
La mélodie des lettres a donc laissé la place à celle des formes. Mais je sens bien au fond de moi que cette ancienne maîtresse n’a pas encore dit son dernier mot…




