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jeudi 22 février 2007

Mes petites madeleines

Hier, sans trop me persuader de poursuivre un régime pourtant bien mérité, je suis allé me perdre dans le rayon des sucreries. Pas tout à fait certain des gourmandises à proscrire, je laissais virevolter mes doigts sur les barres plastifiées d’affichage des étiquettes, non tant pour mieux décoder le prix de chaque paquet que pour m’assurer le choix le plus vertueux.
Les couleurs blanches et rouges des petits beurres succédaient aux bleus et roses acidulés de sucettes pleines d’étoiles. Mes yeux se noyaient, aveuglés par ces caléidoscopes bigarrés. Mes papilles frémissaient au souvenir divin de chaque friandise, provocant, à l’orée de ma langue, un cataclysme incontrôlable. L’écume soudaine franchit la commissure des lèvres, surpassant, par de là même ma bouche, ma condition de gourmet impénitent.

Embarrassé par une telle fringale de délices, je ne pus m’empêcher de masquer mon visage pour tempérer cette suave appétence. Mais, je sus, à cet instant, que toute résistance serait vaine. Il me fallait désormais répondre à cet appel vorace.
Sclérosé par une sensuelle addiction au saccharose, englué dans la mélasse succulente du glucose, mon cerveau divaguait. Je m’imaginais, en monstre mystique et affamé, aux longues griffes acérées et aux canines perçantes, saccageant la caverne des ours en chocolat, chassant les crocodiles aux écailles translucides, fracassant d’un seul coup de mâchoire les rochers pralinés, gobant en une bouchée une tribu entière de Schoko-Bons, et dévastant, dans un souffle, un champ de pailles d’or à la framboise.

Puis, sans crier gare, mon index baladin fut stoppé, flashé par une réminiscence fugace. Tendu face au paquet, le doigt tremblait. La simple vue de ce petit ballot cartonné rendait à ma mémoire des fragments d’émotions, empreintes volatiles d’enchantements répétés et gravées à jamais comme des tablettes sacrées. Sous mes yeux se dévoile à nouveau la contemplation enfantine du soleil de l’aube, aux sommets enneigés des montagnes qui s’éveillent. A bras ouverts, l’alsacienne arbore, dessous son grand chapeau, un sourire prometteur. Le couvercle se soulève, laissant planer dans une expiration métallique le film fin d’aluminium. Le bouquet délicat des agrumes confits empourpre l’air d’une fragrance acide et safranée. Quand, enfin, les rondeurs glacées de ces petits monticules orangés se livrent à l'étalage, sur deux étages en rang serrés.
La voix de ma grand-mère résonne au dessus de mon épaule, comme l’écho lointain d’une mise en garde sincère et aimante.
« Ne manges pas tout ! » dit-elle, le regard faussement autoritaire et la paume tendue vers le ciel, singeant la sanction nécessaire qui prévaut à l’engloutissement d’une vingtaine de Chamonix.

C’est alors qu’une autre voix se fit entendre.
« Tu en fais une tête ? Tu veux les prendre ? ».
« Je ne sais pas, je n’en ai pas mangé depuis…mes dix ans je crois. Ca me rappelle tellement de souvenirs.»
« Alors n’hésites pas. Ces gâteaux là sont peut être tes madeleines de Proust.»

Et vous, quelles sont vos madeleines de Proust ?

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lundi 19 février 2007

Le nouveau "Club des 5"

Ah ! C’est beau l’amitié…

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lundi 12 février 2007

le nouveau DOC (Démocratie Opérationnelle Civile)

Comment on fait ?

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jeudi 8 février 2007

L’audition de la moralité

Love is stronger than pride

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jeudi 1 février 2007

Pas Clop Pas Glop

Smocking - No Smoking

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