lundi 30 avril 2007
Quand la France s'isole
Par Noesis, lundi 30 avril 2007 :: Pangee
Dimanche 29 avril, les maliens ont voté pour élire (ou réélire) leur président. Cet acte démocratique nous rappelle que le Mali est un des pays les plus démocratiques de l’Afrique de l’Ouest. Mais il est aussi l’un des plus pauvres du monde. Cet appauvrissement contraint souvent certains maliens à venir en France pour travailler et aider financièrement leur famille à survivre au pays. De manière ostentatoire, ce dévouement solidaire se traduit souvent par une longue file d’attente face aux guichets Western Union vers le 5 de chaque mois. Mais, il cache aussi la vie désœuvrée de ces hommes qui vivent à 6 dans la chambrette d’un foyer Sonacotra, séparés de leurs enfants, de leurs parents et de leur femme.
Pourtant ce qui est encore aujourd’hui perçu par ces hommes comme un dernier espoir risque fort de se réduire à une peau de chagrin. Monsieur Sarkozy l’a dit, pour lui l’immigration ne se réduit pas à la seule nécessité de survivre ailleurs que dans son pays d’origine. Chaque prétendant doit avoir murement étudié son choix de venir en France pour travailler. Le simple fait de vouloir y vivre n’est d’ailleurs pas un critère de sélection.
Ce portique de détection du bon immigrant se présente sous la forme de divers formulaires. A remplir selon ses capacités. Autrement dit, il faut savoir lire, écrire, et parler français, identifier son employeur, son lieu de travail et son futur salaire, et bien sûr indiquer sa future adresse pour se justifier d’un logement.
En clair, il faut "Montrer patte blanche", ce qui, pour un malien, s'énonce comme un mauvais jeu de mots.
Au train où vont les choses, les maliens ne pourront donc bientôt plus s’offrir le luxe de balayer les rues de nos communes, de construire nos immeubles, ou encore de goudronner nos routes. Et ce goulot d’étranglement aura pour effet mécanique, non seulement, d’affecter profondément les relations entre Les pays de l’Union Africaine et la France, mais surtout d’ouvrir la porte encore plus grand aux investisseurs chinois sur le marché du CFA.
En effet, à Bamako comme ailleurs, on ne dénombre plus désormais les enseignes aux symboles pinyin. Les commerces fleurissent, les entreprises s’implantent à tour de bras faisant de cette terre ocre un nouveau jardin d’expansion économique. Les marchés foisonnent de produits made in China, reléguant petit à petit le boubou multicolore aux rayons des habits traditionnels.
Dès lors, à trop vouloir se protéger, la France pourrait bien s’isoler. Et ceci pour deux raisons.
Premièrement parce que les emplois à venir inhérents à la croissance du secteur de la construction ne trouvera de nouveaux salariés que dans le zone euro, notamment dans les pays de l’Est où la main d’œuvre est bon marché, mais est aussi peu disposée à rester vivre en France du fait de la proximité du pays. Le profit pour la France est donc quasi nul, voire même négatif, surtout si l’on considère qu’un ouvrier polonais est payé deux fois plus qu’un ouvrier malien.
Deuxièmement parce que la France ne pourra plus se prévaloir à l’avenir de ses soutiens africains aux Nations-Unies. Ces « petites » nations, qui autrefois pouvaient faire pencher la balance en faveur des diverses positions françaises sur la scène politique internationale, voteront principalement au profit de leur homologue chinois. De ce fait, les désaccords annoncés concernant des sujets sensibles tels que la protection de l’environnement ou la réglementation des libres échanges commerciaux risquent fort d’échapper complètement au contrôle de la France.
Au final, le régime de banane prôné par la politique d’immigration de Monsieur Sarkozy fera perdre à la France la charge pondérale tant décriée par l’extrême droite, celle-là même qui lui donnait son élan, son charisme, et ses couleurs.
Pourtant ce qui est encore aujourd’hui perçu par ces hommes comme un dernier espoir risque fort de se réduire à une peau de chagrin. Monsieur Sarkozy l’a dit, pour lui l’immigration ne se réduit pas à la seule nécessité de survivre ailleurs que dans son pays d’origine. Chaque prétendant doit avoir murement étudié son choix de venir en France pour travailler. Le simple fait de vouloir y vivre n’est d’ailleurs pas un critère de sélection.
Ce portique de détection du bon immigrant se présente sous la forme de divers formulaires. A remplir selon ses capacités. Autrement dit, il faut savoir lire, écrire, et parler français, identifier son employeur, son lieu de travail et son futur salaire, et bien sûr indiquer sa future adresse pour se justifier d’un logement.
En clair, il faut "Montrer patte blanche", ce qui, pour un malien, s'énonce comme un mauvais jeu de mots.
Au train où vont les choses, les maliens ne pourront donc bientôt plus s’offrir le luxe de balayer les rues de nos communes, de construire nos immeubles, ou encore de goudronner nos routes. Et ce goulot d’étranglement aura pour effet mécanique, non seulement, d’affecter profondément les relations entre Les pays de l’Union Africaine et la France, mais surtout d’ouvrir la porte encore plus grand aux investisseurs chinois sur le marché du CFA.
En effet, à Bamako comme ailleurs, on ne dénombre plus désormais les enseignes aux symboles pinyin. Les commerces fleurissent, les entreprises s’implantent à tour de bras faisant de cette terre ocre un nouveau jardin d’expansion économique. Les marchés foisonnent de produits made in China, reléguant petit à petit le boubou multicolore aux rayons des habits traditionnels.
Dès lors, à trop vouloir se protéger, la France pourrait bien s’isoler. Et ceci pour deux raisons.
Premièrement parce que les emplois à venir inhérents à la croissance du secteur de la construction ne trouvera de nouveaux salariés que dans le zone euro, notamment dans les pays de l’Est où la main d’œuvre est bon marché, mais est aussi peu disposée à rester vivre en France du fait de la proximité du pays. Le profit pour la France est donc quasi nul, voire même négatif, surtout si l’on considère qu’un ouvrier polonais est payé deux fois plus qu’un ouvrier malien.
Deuxièmement parce que la France ne pourra plus se prévaloir à l’avenir de ses soutiens africains aux Nations-Unies. Ces « petites » nations, qui autrefois pouvaient faire pencher la balance en faveur des diverses positions françaises sur la scène politique internationale, voteront principalement au profit de leur homologue chinois. De ce fait, les désaccords annoncés concernant des sujets sensibles tels que la protection de l’environnement ou la réglementation des libres échanges commerciaux risquent fort d’échapper complètement au contrôle de la France.
Au final, le régime de banane prôné par la politique d’immigration de Monsieur Sarkozy fera perdre à la France la charge pondérale tant décriée par l’extrême droite, celle-là même qui lui donnait son élan, son charisme, et ses couleurs.




