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lundi 4 janvier 2010

A vos souhaits !

En cette période de début d’année, l’activité principale d’une personne civilisée (et adepte du calendrier grégorien) consiste à envoyer ses vœux. Pour ma part, je les poste, et leur donne par la même occasion, une longévité sans limite (hormis celle de mon abonnement à l’hébergement de ce blog ou, comme certains le prédisent, la fin du monde en 2012).

A bien y réfléchir, souhaiter le meilleur à quelqu’un n’est pas une mince affaire. La formulation est importante. Tout d’abord, il faut évincer de sa mémoire (pourvu qu’on s’en souvienne) les chaudes embrassades champagnisées qui suivent les premières secondes de l’année, et pendant lesquelles, emporté par un élan d’enthousiasme, on lance bille en tête au premier fêtard avoisinant : « Tout plein de bonnes choses pour c’t année!» ou bien encore « Je te souhaite que du bonheur ! ».
En toute objectivité, ce genre de prédications pourraient laisser penser que la personne à qui l’on s’adresse est poursuivie par une poisse d’enfer, une sorte de mauvais œil contre lequel même le fils spirituel de Madame Irma et d’Alain Afflelou ne peut rien. Mais l’ambiance est à l’hédonisme primaire, et l’insulte déguisée s’envole sous une pluie de cotillons multicolores.

Il faut donc trouver la bonne formule. Et souhaiter simplement « le meilleur » n’est pas forcément ce qui convient d’un point de vue existentiel. En effet, si l’on considère que de se sortir d’une galère est une source positive d’évolution pour tout individu, alors espérer pour quelqu’un de vivre ce qu’il y a de mieux équivaudrait à plonger son existence dans une béatitude inerte, et le voir patauger dans une torpeur tiède et fatalement abrutissante. Autant lui offrir un abonnement à CanalSat et bon canapé.

Le meilleur n’étant donc pas ce qu’il y a de mieux, il ne me reste plus peut être simplement qu’à vous souhaiter la réalisation pleine et entière de vos projets personnels, qu’à espérer de votre quotidien le plus de tendresse possible, et la rugosité nécessaire à l’adhérence des émotions vitales.

On dit que la vie file comme un train lancé à toute allure. Je souhaite donc que la vôtre soit comme ses voyages de l’Orient Express, longs et charmants, pleins de rencontres éblouissantes ou sordides, de péripéties mystérieuses, et de paysages inoubliables.

Imaginez maintenant qu’un drôle de génie, coincé depuis des siècles dans sa lampe à huile, et dont le seul but dans la vie est de réaliser des vœux, tombe sur ce blog en même temps que vous. Imaginez que vous êtes maintenant dans ce train mythique. Et pourquoi pas ? Après tout, ils ont peut être le WiFi chez Ali Baba, mon vendeur de Kebab l’offre bien à ses clients !

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lundi 16 février 2009

Tout vient des Antilles

Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité".

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mercredi 16 juillet 2008

Sortir de l’ombre

La pupille se dilate. J’ai ouvert les yeux. Les volets de fer entrouverts laissent deviner un ciel terne. Je me retourne pour me blottir dans un coin chaud de la couette. Je voudrais ignorer ce matin, attendre le soleil, et m’étirer sous des halos chaleureux.
Mais voilà. Cela fait un moment que ma volonté ne dicte plus rien au hasard. Pire encore. Elle ne se suffit plus à elle-même. Comme un grimpeur qui a chuté, et qui n’a plus la force de remonter.

D’un œil hagard hérissé au dessus de la couette, je regarde les nuages vagabonds se poser sur ma fenêtre. Ils sont affublés d’un gris moche, salasse, une sorte de poussière de jour. Ces patapoufes ronflants ont l’air bedonnant des gens imbus d’eux même. Ils se croisent, s’enflent sans s’embellir. Au cumul, ces nainbus ressemblent à un amas difforme et répugnant de fumeurs de cigares.

Je tente une esquive, et me retourne à nouveau. Faites qu’ils s’en aillent ! Evacuez le ciel nom de dieu ! Comme si dieu, normalement maitre tout puissant de tout domaine atmosphérique, pouvait y faire quelque chose. Ou alors a-t-il renoncé lui aussi ? Evincé sans titre de propriété… Après tout, nous sommes tous des locataires potentiels. Tous des anges comme dit la chanson.

Ici aussi je loue. A prix fort. Au prix de l’espoir. Il n’y a pas un instant où je ne me pose pas la question : A quoi bon ? A quoi bon dépenser autant d’argent si c’est pour connaitre des réveils aussi pourris ? Pourquoi tenir la rampe pour glisser sur chaque marche ?
C’est peut être là, la vraie différence entre la volonté et l’espoir. La volonté oriente les choix de la vie. Et l’espoir fait vivre. Comme les nuages cachent le ciel bleu. Car, au final, il est toujours bleu.Lire l'article    2 commentaires