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mardi 10 janvier 2006

Cuba, la Bounty glacée

Cuba est une île merveilleuse. Des plages de rêves pour des vacances de rêves aux allures de « all included ». Le paradis pendant une semaine pour celui qui trime toute l’année pour s’offrir la carte postale grandeur nature avec lagunes et cocotiers en décor de fond. Moment furtif et délicieux de paix intérieur. Mais tout ce qui brille n’est pas or.

Tout visiteur de la Havane fait le même constat : les cubains sont pauvres, très pauvres. Mais ceux que l’on rencontre le plus souvent sur les marchés ou aux abords des magasins de cigares ne vivent pas dans la « Fange », ce quartier bidonville du centre de la Havane qui n’existe même pas sur la carte. Masquer, pour ne pas déranger le touriste argenté, venu ici pour oublier ses soucis quotidiens.
Car qui a déjà vu une seule famille Cubaine pique-niquer sur la plage le week-end ou un groupe d’enfants du pays jouer dans l’eau après l’école ? Vous me direz, voilà bien une question naïve d’occidental gâté par la vie. Les pauvres gens ont d’autres préoccupations.
Effectivement, quand on sait que la plupart des cubains vivent dans des immeubles insalubres ou qu’ils n’ont pas mangé de viande rouge depuis 1980, et que seuls le marché noir, le vol ou la prostitution sont une issue à la survie, on imagine facilement qu’ils ne s’amusent pas à se dorer la pilule.

Mais à qui la faute ? Aux agences de tourisme qui vendent des séjours à des prix défiant toute concurrence sur ce secteur des Bermudes ? A l’embargo, récemment intensifié, des Etats-Unis qui asphyxie l’économie du pays du bacardi et des cigares ? A l’inaction de l’ONU ?
Même si tous ces facteurs contribuent à un tel état de fait, le premier responsable de cette situation est sans aucun doute le régime totalitaire mis en place par Fidel Castro. Le dictat imposé a en effet des relents de répression Stalinienne qui relègue les droits de l’homme au statut de papier toilette.
Les gardes de la révolution veillent sans relâche à l’application de lois qui obligent les gens à survivre. La nourriture est rationné à 3 kilos de riz par mois et par personne, et si une personne est surprise à marchander de la viande de porc contre du sucre, elle peut passer plusieurs mois en prison. La loi la plus invraisemblable est celle permettant à la police de faire incarcérer un individu pour 4 ans si elle considère son comportement comme antisocial ou potentiellement dangereux. Avant Fidel, il y avait une dizaine de prison à Cuba. Aujourd’hui, l’île en compte plus de 250. A croire qu'au royaume du Cohiba, la liberté aussi commence à partir en fumée.

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dimanche 8 janvier 2006

Savoir partir

Voyages solidaires pour pérégrinations solitaires

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